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Martha Mackay, inf. aut., Ph. D., CSIC(C)

Colombie-Britannique et Yukon

Pourquoi avoir choisi de devenir infirmière clinicienne spécialisée?
Je voulais être reconnue pour repousser les limites des soins infirmiers cardiovasculaires et de la pratique clinique. J’étais infirmière enseignante depuis environ 10 ans et, bien que j’adore toujours ce travail, l’idée du changement et de l’amélioration des mesures de rendement m’intéressaient de plus en plus. J’ai vu que cela relevait du domaine de la pratique de l’infirmière clinicienne spécialisée (ICS), le rôle de l’enseignante étant d’aider à maintenir les normes actuelles. Le travail d’une ICS consiste à apporter des changements et à intégrer de nouvelles pratiques.

En soins infirmiers dans les années 80 et 90, il n’y avait pas de cheminement clair pour les infirmières et infirmiers qui voulaient progresser dans leur carrière, autre que de poursuivre la pratique. La voie traditionnelle était d’être infirmière de chevet, enseignante, puis chef ou gestionnaire des soins infirmiers. Alors, pour celles et ceux d’entre nous qui veulent poursuivre la pratique clinique, le rôle d’ICS offre une occasion de s’attaquer à un travail plus complexe.

Comment croyez-vous aider le plus vos patients?
En n’établissant jamais le statu quo. En cherchant toujours à améliorer les choses. Et en m’assurant d’envisager de nombreuses perspectives. Ce n’est pas parce que vous avez atteint une cible ou un jalon, ou que vous avez introduit certains changements efficaces qu’il faut passer outre l’examen critique visant à en évaluer l’efficacité. L’expression « s’il n’y a rien de cassé, il n’y a rien à réparer » ne fonctionne pas en soins de santé; vous devez constamment examiner vos pratiques et cheminements cliniques parce que tout (patients, options en matière de traitement et contexte) change constamment. C’est ainsi que l’infirmière clinicienne spécialisée aide les patients.

Je ne prodigue pas beaucoup de soins directs aux patients. Le travail que je réalise est plutôt d’ordre macro ou programmatique, de façon à avoir un effet sur de larges groupes de patients. Il y a toujours quelque chose qui peut être fait pour améliorer la situation des patients. D’après mon expérience, lorsqu’un milieu clinique ne dispose pas du soutien d’un(e) ICS, le  changement peut sembler écrasant parce que la plupart des gens en viennent à maintenir le statu quo; le changement peut ne pas être perçu comme faisant partie de leur description de fonctions. Cependant, c’est le travail d’un(e) ICS : mener le changement de façon logique, délibérée et méticuleuse.

Qu’est-ce qui est le plus valorisant et le plus difficile dans votre travail?
Le plus valorisant est lorsqu’un patient, un membre de la famille ou un collègue affirme que je l’ai aidé d’une façon ou d’une autre, que ce soit en défendant leurs intérêts, pendant une consultation, dans le cadre de mentorat ou en collaborant. Le travail direct auprès des patients m’a aussi permis de vivre les expériences les plus valorisantes de ma carrière. L’appui aux gens pour les aider à surmonter un problème et le processus de traitement en entier sont aussi incroyablement gratifiants.

Maintenant, à titre d’ICS, les gens que j’encadre et que je dirige, comme les infirmières enseignantes, les infirmières de chevet et les nouvelles ICS, sont ma plus grande source de motivation. Les commentaires que je reçois lorsque je mets en œuvre un changement dans la pratique sont un autre élément motivateur. Même lorsque les données indiquent qu’un changement donne des résultats positifs, les commentaires des fournisseurs de soins me confirmant que le changement apporté en valait vraiment la peine sont encore plus valorisants.

Le plus difficile est de tenter d’atteindre un consensus parmi les gens qui ont différents points de vue. Le changement est difficile à surmonter et l’humain a tendance à lui résister. À l’occasion, il est difficile d’atteindre un consensus entre une vaste gamme de professionnels, soit les infirmières et infirmiers, les médecins et autres fournisseurs de soins de santé. Parfois, en bout de ligne, ce n’est pas tout le monde qui réussit à faire valoir son point de vue, mais grâce à l’établissement d’un consensus, on peut comprendre la perspective des autres et en venir à une solution mutuellement acceptable.

En savoir plus sur Martha
Depuis l’obtention de mon doctorat, il y a six ans, j’ai combiné mes rôles cliniques et de recherche pour devenir « scientifique-clinicienne ». Je suis chercheure principale pour des études examinant les effets des facteurs comportementaux et sociodémographiques (comme le sexe, le genre et l’ethnicité ou des conditions comme la dépression) sur les symptômes cardiovasculaires, la recherche de traitement et le rétablissement, et mettant à l’épreuve des interventions pour améliorer les lacunes en matière de traitement. C’est très valorisant et captivant de pouvoir combiner mes années d’expérience clinique en soins cardiaques et intensifs à mes compétences en recherche. J’espère que ma recherche saura répondre aux besoins « dans le monde réel » des patients en soins cardiaques.