https://www.cna-aiic.ca/en/blogs/cn-content/2026/09/28/commemorating-joyce-echaquan
28 septembre 2026
Aujourd’hui, l’Association des infirmières et infirmiers du Canada (AIIC) rend hommage à la vie et à la mémoire de Joyce Echaquan, une femme atikamekw et mère de sept enfants. Nous exprimons notre respect et notre solidarité à sa famille, à la Nation Atikamekw ainsi qu’aux peuples des Premières Nations, des Inuit et des Métis partout au pays, qui continuent de porter le deuil et les conséquences de cette tragédie évitable.
Il y a six ans, au Centre hospitalier régional de Lanaudière, les derniers moments de Joyce ont révélé les conséquences dévastatrices du racisme anti-autochtone dans les soins de santé. Se souvenir de Joyce doit aller au-delà de la réflexion. Cela doit nous pousser à agir de façon soutenue pour démanteler les politiques, les pratiques et les systèmes qui continuent de priver les peuples des Premières Nations, des Inuit et des Métis de soins culturellement sécuritaires, équitables et empreints de dignité.
L’AIIC réaffirme son ferme soutien au Principe de Joyce, qui affirme le droit des peuples autochtones à un accès équitable et sans discrimination aux services de santé et aux services sociaux, ainsi qu’au meilleur état possible de santé physique, mentale, émotionnelle et spirituelle. Le Principe de Joyce reconnaît et respecte également les savoirs traditionnels et vivants, les médecines, les pratiques de guérison, les identités culturelles et les droits inhérents des peuples autochtones. Les peuples, les familles et les communautés autochtones doivent être reconnus comme des leaders et des partenaires dans les décisions qui concernent leur santé, leurs soins et leur bien-être.
L’AIIC est solidaire du Bureau du Principe de Joyce et appuie ses efforts dirigés par des Autochtones pour susciter des engagements concrets, renforcer la sécurité culturelle et transformer les services de santé et les services sociaux destinés aux peuples autochtones.
L’engagement de l’AIIC envers la réconciliation est guidé par Les quatre courants de la réconciliation : le cadre d’action de l’AIIC : la reddition de comptes, le plaidoyer, l’anti-racisme et l’alliance. La vérité doit précéder la réconciliation. La profession infirmière doit comprendre et reconnaître son rôle historique et actuel dans les systèmes coloniaux.
L’AIIC continuera de travailler avec les infirmières et infirmiers des Premières Nations, des Inuit et des Métis, les leaders du secteur de la santé et ses partenaires afin de faire progresser des changements mesurables à l’échelle des systèmes. La prestation de soins culturellement sécuritaires exige un engagement continu envers l’apprentissage, le désapprentissage, l’autoréflexion et la reddition de comptes.
En cet anniversaire, l’AIIC appelle chaque membre d’une profession infirmière réglementée, y compris les infirmières et infirmiers praticiens, à honorer la mémoire de Joyce Echaquan par l’action. Les infirmières et infirmiers ont la responsabilité éthique d’offrir des soins sécuritaires et de grande qualité, de respecter les appels à l’action liés à la santé de la Commission de vérité et réconciliation du Canada ainsi que la Loi sur la Déclaration des Nations Unies sur les droits des peuples autochtones, et de se laisser guider par le Principe de Joyce.
Cela signifie combattre le racisme anti-autochtone, faire preuve d’humilité culturelle, s’attaquer aux déséquilibres de pouvoir et offrir des soins fondés sur les forces et tenant compte des traumatismes, qui s’appuient sur les connaissances, la résilience et les capacités de chaque personne. La sécurité culturelle ne peut être définie que par la personne qui reçoit les soins.
Les infirmières et infirmiers doivent écouter, établir des relations respectueuses, soutenir les approches dirigées par les Autochtones et utiliser leur influence pour amplifier les voix des peuples des Premières Nations, des Inuit et des Métis, et non parler en leur nom. La mémoire de Joyce nous appelle à aller au-delà de la réflexion pour passer à l’action, en co-créant des systèmes de santé dans lesquels les peuples autochtones exercent leur autodétermination, bénéficient d’une véritable sécurité culturelle et reçoivent les soins respectueux et équitables auxquels ils ont un droit inhérent.