https://www.cna-aiic.ca/en/blogs/cn-content/2026/03/05/march-open-letter-renewing-our-power
À mes collègues en soins infirmiers de partout au Canada,
Alors que nous amorçons le mois de mars 2026, je continue à réfléchir à la signification profonde du Mois de l’histoire des Noirs. Malgré la fin de février, nous déployons un engagement continu à reconnaître les infirmières et infirmiers noirs qui ont façonné et continuent de renforcer nos systèmes de santé. Même si le mois de février offre un espace dédié à la célébration de l’excellence des personnes noires, cette excellence n’est pas un événement saisonnier — à l’Association des infirmières et infirmiers du Canada (AIIC), c’est un engagement continu d’intégrité professionnelle et d’équité en santé qui doit être reconnu tous les jours de l’année.
Cette semaine est la Semaine de la santé mentale des personnes noires et j’aimerais reprendre l’engagement continu de la ministre Marjorie Michel de soutenir les personnes noires au Canada. En tant qu’infirmières et infirmiers, nous devons également reconnaître que de nombreux jeunes noirs doivent composer avec des problèmes de santé mentale sans accès à des mesures d’intervention précoces ou de soutien. Notre rôle est celui de défenseurs qui comprennent que la santé mentale des jeunes est indissociable de leur expérience du racisme et du capacitisme à l’égard des personnes noires. Il nous faut apprendre des modèles communautaires appuyés par le gouvernement fédéral — changer notre pratique de « travailler pour » les communautés racialisées et handicapées par celle visant à « travailler avec » elles.
Nous aimerions également féliciter l’Association des infirmières et infirmiers autorisés de l’Ontario (AIIAO) pour le lancement de la ligne directrice sur la pratique exemplaire qui s’intitule Addressing Anti-Black Racism in Nursing (en anglais seulement). Ce document historique est une étape essentielle à la profession, dirigée par l’expertise collective de spécialistes, de chefs de file, d’enseignants et de nombreux autres comprenant notre vice-présidente de l’AIIC, Bukola Salami, coprésidente du groupe d’experts de cette ligne directrice. Nous célébrons cette réalisation monumentale et son incidence essentielle future sur l’équité dans tous les systèmes de santé.
La Journée internationale des femmes est le 8 mars. Selon le ministère des Femmes et de l’Égalité des genres : « La Journée internationale des femmes est une journée mondiale pour reconnaître les réalisations sociales, économiques, culturelles et politiques des femmes et des filles, ainsi que pour réfléchir au travail nécessaire pour atteindre l’égalité des genres. » La profession infirmière est façonnée de manière unique par les expériences des personnes qui s’identifient comme des femmes. Nos difficultés sont sans contredit genrées; allant du « double fardeau » de la prestation de soins à la sous-évaluation historique du « travail dans le secteur des soins », les soins infirmiers se trouvent à l’intersection entre l’équité de genre et les droits des travailleurs. C’est la raison pour laquelle le leadership infirmier doit être présent — et entendu — aux tables de décision du gouvernement et dans les systèmes de santé, afin de façonner les décisions politiques, liées au financement et à l’effectif qui ont des incidences directes sur les soins aux patients et la santé de tous les Canadiens et Canadiennes. Qu’il s’agisse d’annuler les plafonds salariaux non constitutionnels, des ratios infirmière-patients non sécuritaires, de mettre fin à la violence dans les soins infirmiers, de résister à la déclassification des soins infirmiers en tant que « diplôme professionnel » aux États-Unis, notre combat est clair. En tant qu’infirmières et infirmiers, nous devons continuer à lutter pour veiller à ce que les compétences et le leadership du personnel infirmier ne soient pas obscurcis par des attentes genrées.
Je m’en voudrais de parler des « femmes dans les soins infirmiers » sans reconnaître les intersections de genre, de handicap et d’ethnicité. Nous célébrons les personnes qui s’identifient comme des femmes — y compris celles qui vivent avec un handicap visible et invisible — pas seulement pour leur bienveillance et leur compassion, mais pour leur expertise comme des scientifiques, innovateurs, chefs de file et décideurs politiques. Nos espaces professionnels doivent prévoir une conception inclusive, tout en reconnaissant que l’expérience vécue par une infirmière ou un infirmier est un atout profond non seulement pour notre perspicacité clinique, mais également pour la transformation du système de santé et l’avenir de la santé des personnes que nous servons, ainsi qu’un environnement et une société canadienne plus sains.
Comme je l’ai mentionné dans mon message du Nouvel An, l’année 2026 est celle du renouvellement de notre pouvoir. L’équité est nécessaire au pouvoir. Que nous célébrions l’héritage des pionniers noirs dans les soins infirmiers, soutenions une ou un collègue ou défendions la santé mentale et le mieux-être, notre expertise doit correspondre à notre engagement envers la justice dans la santé et les droits de la personne.
Je vous remercie pour votre courage, votre talent et votre dévouement indéfectible à l’égard de la santé de tous les Canadiens et Canadiennes.
Sincères salutations,
Valerie Grdisa, inf. aut., Ph. D.
Directrice générale
Association des infirmières et infirmiers du Canada