Notre engagement envers la réconciliation

Notre engagement envers la réconciliation

La réconciliation n’est pas seulement une déclaration d’intention, mais c’est plutôt un engagement soutenu envers la vérité, la responsabilité et le changement systémique. Les soins infirmiers au Canada ont été façonnés par une histoire coloniale qui a contribué à l’oppression des Premières Nations, des Inuits et des Métis, y compris par des pratiques qui ont exclu les connaissances autochtones et renforcé les inégalités en soins. Les répercussions continues du racisme à l’égard des Autochtones dans les systèmes de santé clarifient le besoin urgent de mesures significatives et mesurables.

Guidée par le leadership infirmier autochtone et façonnée par la mobilisation au sein de la profession, l’AIIC s’est engagée à faire avancer la réconciliation au moyen d’étapes concrètes qui s’alignent sur les appels à l’action de la Commission de vérité et réconciliation du Canada et la Déclaration des Nations Unies sur les droits des peuples autochtones.

À ce titre, en collaboration avec les infirmières et infirmiers des Premières Nations, Inuits et Métis, les dirigeants de la santé et les partenaires de l’AIIC, nous avons élaboré Les quatre courants de la réconciliation : le cadre d’action de l’AIIC. Ancré dans une vision du monde autochtone et éclairé par un processus collaboratif et itératif, ce cadre décrit les quatre volets interreliés suivants : la reddition de comptes, plaidoyer, l’antiracisme et l’alliance. Ces volets guident la profession vers des soins plus respectueux de la culture et des systèmes de santé plus équitables.

 

L’accès à des soins infirmiers plus sécuritaires et des systèmes de santé plus équitables est un droit humain fondamental. L’AIIC reconnaît sa responsabilité éthique et professionnelle afin d’encourager des soins plus respectueux de la culture et de faire progresser des systèmes de santé qui maintiennent les droits et le bien-être des peuples autochtones.

Les symboles sont importants. Comme une rivière, ce cadre poursuivra son cours et éliminera les obstacles. Il s’adaptera à son environnement, évoluant selon les connaissances, les contextes et les ressources émergentes. Ce qui commence par un mince filet mène à un changement plus important et percutant, comme l’illustre l’image. Pour obtenir des soins infirmiers et des systèmes de santé plus équitables et plus respectueux de la culture, l’AIIC doit agir avec fermeté « en amont » grâce aux quatre volets de réconciliation suivants : la reddition de comptes, plaidoyer,, l’antiracism, et l’alliance. La prise en compte de ces quatre déterminants en amont s’avère essentielle pour faire en sorte que les soins fournis en aval soient équitables, sécuritaires et justes.

Reddition de comptes

La reddition de comptes consiste à assumer sa responsabilité à l’égard de mesures, décisions et résultats, tout en veillant à des soins plus respectueux des valeurs culturelles des peuples autochtones. Elle comprend les mesures actuelles et la reconnaissance du rôle historique des infirmières et infirmiers dans l’héritage de la colonisation.

Les infirmières et infirmiers, professionnels de la santé réglementés, sont les premiers à interagir avec les patients et qui leur consacrent la majorité de leur temps. En tant que porte-parole national de tous les infirmières et infirmiers, l’AIIC doit accorder la priorité à la reddition de comptes dans ces échanges qui ont une incidence directe et remarquable sur la prestation de soins respectueux des valeurs culturelles des peuples autochtones.

Plaidoyer

La représentation consiste à se mobiliser avec d’autres personnes et à s’exprimer d’une seule voix, tout en reconnaissant le rôle des données probantes, du pouvoir et de la politique afin de déterminer les décisions stratégiques les plus avantageuses pour le système de santé publique.

Il y a un demi-million d’infirmières et infirmiers réglementés au Canada, ce qui équivaut à 1 électeur sur 57. En tant que porte-parole national de tous les infirmières et infirmiers, l’AIIC doit se servir de son pouvoir et prendre position de manière significative et publique concernant la santé des Autochtones pour contribuer à des soins et des systèmes de santé plus sécuritaires.

Anti-racisme

La lutte contre le racisme consiste à faire preuve d’humilité en réfléchissant au pouvoir et aux privilèges, ainsi qu’aux mesures concrètes, aux fins du démantèlement des systèmes d’oppression. Si elle reste incontestée, la prédominance blanche demeurera implicitement parmi les résultats inéquitables en santé dans les soins infirmiers et le système de santé (Gebhard et coll., 2022).

L’AIIC doit défendre les droits des peuples et communautés autochtones afin qu’ils soient exempts de discrimination et de racisme et que ces personnes reçoivent des soins plus respectueux de leurs valeurs culturelles.

Alliance

L’alliance est continue et exige de l’humilité, et un processus intentionnel de désapprentissage et de réévaluation, selon lequel les personnes occupant des postes privilégiés travaillent en collaboration avec les peuples et les communautés autochtones. Cela implique d’agir « avec », plutôt que « pour » et exige des relations significatives, respectueuses et réciproques. L’alliance ne peut pas être autodéclarée, et la reconnaissance doit provenir de la communauté.

L’AIIC doit démontrer une alliance respectueuse par l’action et en collaboration avec des partenaires autochtones afin de faire avancer l’équité en santé pour les patients, les familles et les communautés autochtones.

Téléchargez Les quatre courants de la réconciliation : le cadre d’action de l’AIIC. Il agit à la fois comme une base et un appel à l’action à l’appui du changement soutenu au niveau du système et d’une responsabilité partagée en vue de faire avancer la réconciliation dans les soins infirmiers.

Référence

Gebhard, A., McLean, S. et St. Denis, V. (Éd.). (2022). White benevolence: Racism and colonial violence in the helping professions. Fernwood Publishing.