https://www.cna-aiic.ca/en/blogs/cn-content/2026/09/02/albertas-bill-11-puts-equitable-access-at-risk
OTTAWA, le 2 septembre 2026 — L’Association des infirmières et infirmiers du Canada (AIIC) demande à la ministre de la Santé, Marjorie Michel, et au gouvernement fédéral de faire respecter la Loi canadienne sur la santé à la suite de l’entrée en vigueur, hier, du projet de loi 11 de l’Alberta, qui crée un système à deux vitesses permettant aux patients qui peuvent payer d’accéder plus rapidement aux soins.
Le projet de loi 11 de l’Alberta permet aux médecins de facturer au système public des services de santé tout en faisant payer directement de leur poche les patients pour les mêmes services dans le cadre de leur pratique privée. Ce projet de loi crée un dangereux précédent et poursuit la progression des soins privés à but lucratif sous prétexte d’améliorer l’accès et de réduire les temps d’attente pour quelques privilégiés.
Un système à deux vitesses aggravera les pénuries de main-d’œuvre en santé. Des décennies de données probantes à l’échelle mondiale montrent que les systèmes de santé privés à but lucratif détournent des ressources des systèmes publics sans réduire les temps d’attente ni améliorer l’accès et, pire encore, entraînent de moins bons résultats en matière de santé.
L’AIIC reconnaît les défis liés à la nécessité de répondre aux besoins de santé croissants et de plus en plus complexes de la population. Nous nous opposons toutefois fermement au recours au secteur privé à but lucratif comme solution à ces défis. L’accès aux soins médicalement nécessaires devrait être fondé sur les besoins, et non sur la capacité d’un patient à payer. Les infirmières et infirmiers ainsi que les infirmières praticiennes et infirmiers praticiens constatent les répercussions des temps d’attente sur les patients et voient qui est laissé pour compte lorsque l’accès aux soins dépend de la capacité de payer.
Il existe de meilleures façons de réduire les temps d’attente et d’améliorer l’accès, et les quatre catégories réglementées de personnel infirmier sont prêtes à les mettre en pratique. L’AIIC demande depuis longtemps la modernisation de la Loi canadienne sur la santé. Les gouvernements peuvent accroître l’efficacité et maîtriser les coûts en permettant aux infirmières et infirmiers ainsi qu’aux autres professionnels de la santé d’exercer pleinement dans les limites de leur champ d’exercice, et en élargissant les modèles de soins dirigés par des infirmières et infirmiers, dirigés par des infirmières praticiennes et infirmiers praticiens, et fondés sur le travail en équipe dans tous les milieux de soins.
Ce sont des moyens concrets d’améliorer l’accès, de mieux utiliser la main-d’œuvre en santé et de renforcer les systèmes de santé publics du Canada sans demander aux patients de payer pour des soins médicalement nécessaires.
L’AIIC appuie un système de santé public et sans but lucratif dans lequel les soins sont fondés sur les besoins de santé de la population. Nous continuerons de travailler avec les infirmières et infirmiers, les gouvernements et nos partenaires partout au pays pour le protéger.
Personne ne devrait pouvoir payer pour passer devant un autre patient, et aucune province ne devrait mettre en place un système qui le permet.
— Valerie Grdisa, directrice générale, Association des infirmières et infirmiers du Canada